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Transmusicales Rennes 2003
bérurier noir
" Parmi les forces de l'ordre, la pression monte chaque jour d'un cran. Tous les fonctionnaires de police et les gendarmes seront mobilisés pour ce week-end. Tous se préparent à un éclatement de la rave party, ce qui ne serait pas sans compliquer les choses.
Samedi, le stade rennais accueille le PSG
, une rencontre sous haute tension. Les pouvoirs publics devront aussi veiller au bon déroulement du téléthon qui aura lieu ce week-end-là aussi... Sans oublier que du côté des Trans Musicales, jeudi, la soirée anniversaire avec la venue de Bérurier noir pourrait attirer plus de public que n'en contient le Liberté. Les forces de l'ordre auront du pain sur la planche. "

Ouest-France, Samedi 29 Novembre 2003
Bref, l'ambiance à Rennes avait tout pour être caniculaire, des années que la raïa attend le retour de Bérurier Noir, plusieurs mois pour digérer la nouvelle... Un mois avant le concert, les places étaient déjà toutes vendues et se revendaient au double du prix d'achat sur Ebay, les transmusicales annoncaient eux-même en pop-up sur la home de leur site que l'accès à la salle pourrait être restreint ( ordre de préférence : places payantes, pass-payants, pass-gratuits, pass-VIP )...
Le fameux teknival des Trans semblait enfin recevoir l'aval des autorités permettant d'espérer que cette année ne finirait pas en bataille rangée comme les 2 années précédentes.
Et même un petit mot dans la presse locale signalait qu'à Rennes, on avait bien conscience de tout ça et que les renforts en termes de forces de l'ordre avaient été prévus...
Et pour terminer les 15 jours précédents le concert, des appels au calme émanant du groupe directement étaient relayés sur les différents endroits clefs du net.

A voir tout cela d'un oeil extérieur, plusieurs constats s'imposent de fait :
- Les Transmusicales n'avaient en aucun cas prévu la chose : lancée comme une bonne idée sympathique et délirante, la reformation surprise de Bérurier Noir pour la soirée d'anniversaire devait servir de locomotive à la soirée pas simplement l'effacer...
Comprenant trop tard - sans doute devant la vitesse de vente des places -, l'afflux masse représenté par le public Bérurier Noir ; ils auront au moins eu le cran d'assumer le b... qu'ils avaient lancés, incitant au calme et à l'ouverture d'esprit plusieurs semaines avant le concert.
- Bérurier Noir aura accepté de jouer comme ça dans le même esprit de " pourquoi pas ? " relancé par leur retrouvailles autour du projet de DVD avec F.Bergeron : instantanéïté des envies nette de calcul et sans conscience des conséquences, trés punk - pour ceux à qui on repproche souvent de ne pas l'être assez.

bérurier noir
Rennes, jeudi 4 décembre 2003...
Les abords du Liberté sont envahis par une foule hétéroclite, groupes éparses, gais et joyeux qui s'interpélent et se sourient, chiens vagabondants, l'évidence apparaît de fait, c'est bien Bérurier Noir qui sera l'événement de la soirée et le public ne s'y est pas trompé.
La salle se remplit doucement et au fil des heures, dehors la foule se masse, tant et si bien que Bérurier Noir sortira sur le balcon du Liberté pour appeler encore une fois au calme avant le début du concert.
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Dans la salle, la température est montée d'un cran : un Arno entêté aura réussi à s'imposer face à une foule qui, pourtant l'arrosait de cannettes en scandant : " Béru... Béru... Béru... ".
La lumière se rallume, dedans c'est tout sourire, entassés aux coude-à-coude les gens continuent de se sourire, trop heureux d'être là pour s'attarder à un vague inconfort, les joints tournent de partout et l'impression d'être là tous ensemble pour la même chose devient presque palpable.
Le son commence, un silence incrédule et l'écran qui projette un voyage dans le temps en accéléré à coup d'actualités de 1989 à 2003 :
le mur de Berlin tombe une 2° fois et tout repart...
Le concert s'enchaînera dans une urgence globale qui n'en laisse que quelques souvenirs en flash...

la fièvre qui s'empare de la salle pour les 3 premiers morceaux, les sourires autour de moi sur des visages plus jeunes, l'émotion parfois sur certains visages aussi... le groupe sur scène intact, l'énergie dans la salle, le service de sécu qui gère plutôt bien les slams... la folie PURE d'une salle entière en pogo sur vive le feu et porcherie, ma voix qui se mêle aux autres sur mineurs en danger et sur liberté... les gaz lacrymos en odeur de fond, les appels au calme répétés...
titi en train de lancer des drapeaux multicolors, le petit film avec le logo Mac-Do, les couettes de Loran, le groupe remerciant la salle, François criant " à bientôt ", Loran joint en bouche hurlant " Et celui là, c'est pour Sarkozy ! " incitant la salle à faire de même... François dédiant porcherie " aux connards qu'ont balancés des lacrymos alors qu'on est en plein concert "...
une salle entière hurlant " nous sommes tous des enfants d'immigrés, première, deuxième, troisième génération " en agitant les mains pour compter en même temps...

les plans de foule filmé par F.Bergeron sur l'écran nous renvoyant à notre propre image comme pour dire :
" regardez Bérurier Noir, c'est ça, c'est vous : là, maintenant... "

intro 1989-2003 (instru) / lobotomie / petit agité / vivre libre ou mourir / noir les horreurs / scarabée / hélène et le sang / soleil noir / le cerf le druide et le loup / vive le feu / la danseuse de l'orient / mineurs en danger / porcherie / liberté
rappel : punkemon (dessin animé de nilos mis en musique par loran) / camouflage (version hardtek) / salut à toi (dub catastrophe) - Bella ciao
Play-list postée par PariA
(http://berurier-x-noir.org/forum/board/viewtopic.php?t=551&start=15)
crobard
mac do
crobard
Et la folie s'arrête, aussi brutalement qu'elle a commencée, nous laissant hagards, les yeux éberlués et l'écume au front...
La foule bouge dans tout les sens, les gazs se font assez présents pour nous pousser contre une scène désormais vide, pendant 2 minutes on imagine le pire dehors...
Ce n'est que plus tard que sortant enfin on découvre la fumée dehors, les bruits suspects, la présence insolite de chiens sur le festival, la fuite vraisemblable d'une borne d'incendie, les vitres cassées dans le Liberté... Sur le moment, guère moyen d'en savoir plus...
Un videur planté devant une des portes cassées de l'entrée me lachera quand même un :
" ah, vous étiez devant vous, hein ?... ben c'est bien, vous avez passé un bon moment "
Les impressions sur le concert s'échangent bon train et un vieux doute nous pousse à aller voir la salle où Stephan Eicher devait jouer après Bérurier Noir, nous permettant d'assister à un dernier moment surréaliste : Stephan Eicher chantant Jo, le taxi sur Final Countdown...

La suite se lira sur le web (notament via #propagande) où nous comprendrons comment la panique - gagnant le fond de la salle à la même vitesse que l'odeur des lacrymos - aura générée un mouvement de foule ; lequel mouvement qui en se heurtant aux portes closes ( pour cause d'affrontements dehors... ) et se croyant prisonnier aura fini par les casser, jettant dans la rue en pleine mêlée d'innocents festivaliers pourvus de billet et laissant l'entrée libre aux autres : un véritable chaos...
Quelques brèves à droite et à gauche, nous livrerons la fin de l'histoire sans savoir être d'accord annonçant entre 200 et 300 personnes à l'extérieur ou 10 à 48 arrestations selon les sources.
Les reproches resteront les mêmes : ceux d'avant, même mots - jaloux serait-on tenté de dire - , quand le web offre milles et une sources où chercher la vérité.
Alors Bérurier Noir : traitres à la cause ou rebelles indomptables ?


Loran
: ... Après c'est sûr que les gens y fabulent parce que les gens y nous connaissent pas,
on peut pas connaître tout le monde, c'est comme ça dans la vie....

crobard

Sand pour The Crobard,
en vous souhaitant à tous
de rencontrer des gens
comme ceux-là...

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